Il y a un peu plus de deux ans j'ai découvert Matthias Vincenot, jeune poète alors de 22 ans.
Dans l'instant, je fus sensible à sa poésie.
Dimanche dernier à Mieussy, la contemplation du ciel d'azur accompagné d'un zoli nuage, évoqua au Ricou un de ses poèmes que je vous livre.
Qui a dit que les parapentistes blogueurs étaient des bourrins, nan mais dis-donc \o/ !?


A regarder le ciel

C’est venu doucement
Comme un vieux film en noir et blanc
Qu’on se projette en souriant
Mais qui nous tient de plus en plus
Puis dont on rêve en s’endormant
L’image ne le quittait pas
Dans chaque geste elle était là
Toujours plus belle

À regarder le ciel et entrevoir sa main
Il avait cru pour elle des délires de gamin
Il avait vu la mer souvent en s’endormant
Mais toujours avec elle et si sereinement
Que les vagues alors le rappelaient au monde
Il avait vu plus beau que la vie et le ciel

À regarder le ciel et entrevoir ses yeux
Il avait tant rêvé qu’ils étaient tous les deux
Qu’il le croyait aussi

À entrevoir le monde souvent par son regard
Il avait espéré qu’elle saurait, plus tard
Répondre tendrement et lui donner sa main
Qu’elle y croirait aussi, et puis qu’ils seraient beaux
Comme au ciel les oiseaux
Ils s’envoleraient seuls
Loin des cris des enfants
Loin du bruit des voitures
Loin de leur vie d’enfant
Et de leurs impostures

À regarder le ciel il n’a vu que le ciel
Et il s’y est perdu

Matthias Vincenot
Extrait de La vie, en fait... (éditions Lettres du Monde, 2000)


(Mieussy, le 4 septembre 2005)
Retrouvrez les poèmes de Matthias Vincenot ici.