The Speedflying Pro Les Arcs 2010
Par Ricou le mardi, février 2 2010, 19:03 - Vol Libre - Lien permanent
Une nouvelle fois, Antoine Montant a remporté la 4e édition des Speedflying Pro-Les Arcs.
Ce podium consacre la crème des riders, nous retrouvons François Bon sur la 2e marche et Yoan Castagnoli à la 3e. Il ne manque à l'appel que Mickaël Régnier qui fut le grand absent.
Le niveau des riders se resserre.
Antoine a privilégié la partie ski et n'exécutera pas la fameuse figure du tonneau, sa voile ne le permettant pas.
Mais halte à mon bla-bla ... Je t'invite à lire le chouette article de Guillaume Desmurs (en fin de billet) et à zioter les p'tites vidéos.
Les photos sont de Jérôme Maupoint.
Infos, classement et plus ici : www.speedflyingpro.com
The Speedflying Pro les Arcs 2010
Interviews - The Speedflying Pro les Arcs 2010
photos de Jérôme Maupoint
Il reste collé à la neige, déroulant ses courbes. La voile le suit comme un animal bien dressé. Les mouvement de son corps et de sa voile sont harmonieux, on ne sait pas qui tient l'autre. Il ralentit, vise et s'enfile dans un labyrinthe de rochers, les skis en travers. Puis il accélère en sortie pour traverser l'espace de neige vierge devant lui ...
... Il exploite la partie droite de la face (ouverte à la compétition pour la première fois, lors de cette quatrième édition du The Speedflying Pro Les Arcs 2010).
Un autre speed flyer s'élance. Il gonfle sa voile et se met à glisser dans la pente, il va vite. Un appui et il saute par dessus une barre rocheuse. En l'air, il fait claquer sa voile en un tonneau vif et soudain. Il se stabilise est reprend contact avec le sol. Il est surprenant, volatile comme de l'essence. A la barre suivante, un nouveau tonneau renverse le public de joie.
Le premier run est signé Antoine Montant… ou François Bon (respectivement premier et deuxième de l'édition 2010). Les tenants solides de la ligne historique du Speed Fly : qualité du choix de l'itinéraire, engagement dans le raide, les skis toujours collés à la neige.
Le second run est signé Yoan Castagnoli (troisième), Vincent Reffet ou Gaël Aman. Les représentants vibrants de la tendance freestyle : inventivité dans les figures aériennes, dynamitage des codes et surprises à chaque virage.
La face des Arandelières, où s'est déroulée l'épreuve de Freeride le 27 janvier 2010, est un labyrinthe de rochers, de neige et de verticalité, un terrain miné sur lequel les speed flyers doivent tracer leur route et où, depuis quatre ans, se dessinent les contours du sport.
"Ils sont agités, ils sautent de partout !, dit Antoine Montant en commentant les runs de Yoan et Vincent. Moi, je privilégie le ski, être solide sur mes appuis, trouver des passages techniques, avec du changement de rythme : rester calme dans les parties délicates et lâcher les chevaux quand il y a de la place. Le but est de garder de vrais appuis de skieurs et en exploitant au mieux le manteau neigeux. Ce n'est pas du parapente à ski, c'est vraiment du ski amélioré par la voile". D'ailleurs Antoine ne fait pas de tonneau, sa voile n'est pas assez performante, c'est un parachute basique bricolé par ses soins qui ne vole par très bien : elle est conçue pour rester au sol, skier sur un angle de pente raide.
Car le tonneau est devenu la marque de fabrique de cette nouvelle génération de skieurs-parapentistes, qui font remuer la jeune discipline. La figure arrivée l'année dernière sur cette même face, entre les mains virtuoses de Mickaël Régnier (deuxième et absent cette année), posait cette question : est-ce une nouvelle dimension pour le speed fly ou un simple pied de nez malicieux ? La réponse a été donnée lors de l'édition 2010 : le tonneau prend de la bouteille. Et il pousse le bouchon un peu plus loin.
L'histoire du Speed Fly, glisse dopée à l'air libre, est un perpétuel mouvement d'oscillation entre ses deux origines : le parapente et le ski. Run volé ou run skié. Et les notes des juges poussent le curseur plutôt vers le ski. En quatre éditions du The Speedflying Pro Les Arcs, le sport a pris ses marques, donné à voir par cette vitrine mondiale que le balancier n'était pas encore stabilisé, la cuisson pas terminée.
Le tonneau est un nouvel ingrédient venu s'ajouter à la palette de figures (comme le switch - skier à l'envers -) dont disposent les speedflyers pour exploiter une face, enrichir leurs runs, booster leurs sensations (et celle des spectateurs).
Les juges veillent cependant à ce qu'il n'y ait pas de prime au tonneau et à l'acrobatie. Impressionnant pour le novice et le public, la figure doit être un élément d'un run, pas son aboutissement. "Il faut que le run soit plaqué pour que la note "technique" augmente, explique Romain Raisson, directeur d'épreuve. François Bon est lent dans du raide, collé à la neige avec la voile au dessus de la tête, c'est très difficile. C'est ce que fait bien Antoine également. Un tonneau assez haut comme j'ai pu le voir ne m'impressionne pas. Une belle ligne soignée c'est dur à réaliser. Une ligne droite avec un tonneau, non".
Yoan Castagnoli manipule cet ingrédient hautement explosif avec prudence : "le problème des tonneaux c'est qu'il faut bien le placer. Si j'avais décollé tout droit et balancé dix tonneaux dans le run, ça ne valait rien parce que je ne pose pas les skis par terre et que je n'exploite pas la face. C'est de l'acrobatie aérienne. Par contre sauter une barre, faire un tonneau et replaquer derrière, là ça prend une autre dimension, ça devient une figure propre au speedflying", analyse-t-il.
Yoan, qui était tombé lors de l'édition 2008, a terminé troisième en 2009 et en 2010, est l'un des électrons libres qui remuent les muscles du sport et lui donne une vigueur étonnante malgré la relative confidentialité de la pratique. "La nouveauté, c'est qu'il y a beaucoup plus de riders dans le top : Antoine Montant, Vincent Reffet, Dominique et Florian Wicki, Francois Bon et… moi, je me mets dedans ! Les années précédentes, on ne distinguait qu'un seul, Antoine, là on est trois ou quatre à pousser derrière, à l'inquiéter, le remettre en question, ça lui fait du bien ! ", lance-t-il.
Antoine Montant, qui domine la discipline depuis quatre ans, impressionnait car il faisait corps avec la voile. Il ajoutait à l'originalité de la trajectoire, un sens esthétique évident pour parcourir la pente. Son engagement et sa vitesse étaient toujours dominés, avec des changements de rythme qui témoignaient d'une grande maîtrise de la voile. Les runs de l'édition 2010 ont prouvé qu'une poignée de speedflyers étaient presque arrivés à son niveau et venaient lui chatouiller les talons.
Une évolution qui réjouit Dino, l'organisateur : "ma rencontre avec Francois Bon a donné naissance à cette compétition. Grâce à notre complicité, nous avons réussi a créer quelque chose qui aura marqué l'histoire de cette discipline alternative. Ce travail d'équipe a toujours été dans le sens du développement du sport mais aussi celui de la convivialité au sein de cette petit famille du speedfly."
"Ce qui a le plus changé", poursuit François Bon, l'un des pionniers de la discipline en France… qui n'a rien perdu de sa fougue, en témoigne sa seconde place cette année, "c'est que les riders maitrisent leur aile et n'hésitent pas aller chercher des lignes, savent skier, c'est vraiment ce qui me plaît le plus. Il y a un gros niveau technique, qui est monté d'un cran et pas seulement pour quelques uns. Il y en a 6 ou 7 qui se battent pour le podium," commente François Bon.
Ces nouveaux glisseurs ouvrent des nouveaux itinéraires passionnants, avec un joyeux fracas et la tête en bas. Ils prennent l'air, une nouvelle ère.
Guillaume Desmurs/The SpeedflyingPro Les Arcs 2010






















Commentaires
Superbes images
superbes vidéos
un vrai plaisir a lire, à regarder.
merci Ricou ^^