Quoi de plus con qu'un cerf pendant le brame ?
Par Vincent le jeudi, janvier 24 2008, 10:57 - Bla bla - Lien permanent
Vous êtes vraiment peu nombreuses à voler !
Il est légitime de se demander pourquoi. Le texte qui suit est une invitation à réfléchir ensemble aux raisons qui écartent les femmes de l'univers aérien.
Les commentaires des femmes comme des hommes seront appréciés pour nous aider à aller plus loin ensemble. Ici, un certain angle d'attaque est mis en avant, n'hésitez pas à faire part de votre manière de voir les choses.
(Alain Souchon - Sous les jupes des filles)
Ou de la difficulté de voler au féminin…
Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces énormes quadrupèdes tout en poils et en muscles, bestioles suantes, puantes, fumantes d’hormones, en train de pousser de tonitruants meuglements, coup tendu, langue sortie, les yeux exorbités, tremblants de désir et de frustration.
Ils sont prêts à foncer sur tout ce qui bouge, à bondir sur tout ce qui passe, à se jeter au galop à travers les bois et dans les fourrés, à combattre tout autre mâle et à niquer les arbres !
C’est ainsi, c’est le rut…

Les primates humains que nous sommes n’ont pas de période de reproduction. En quelque sorte nous sommes en état de rut permanent. D’une intensité éventuellement un peu moindre… Qui peut malgré tout conduire les mâles à facilement être de bien désagréables personnes…
Nous sommes en effet en parade nuptiale continuelle. Nous devons sortir du lot, bramer pour nous faire remarquer… nous faire remarquer par les femmes. Briller. Etre le plus fort, le plus rapide, le plus vigoureux.
Donc faire preuve d’esprit de compétition ; être devant, le premier, le champion. Celui sur qui se braquent les regards et se focalisent les désirs… Montrer ses muscles ou autres capacités qui prouvent la possession des bons gènes.
Alors on frime, c’est à qui gueule le plus fort dans la cour de récré, c’est à qui braille le plus au bistrot. On fonce comme un fou à vélo puis on rêve de la voiture ou de la moto la plus grosse, la plus puissante ; on fait des roues arrières pour épater la galerie, splendide représentation de l’érection dans toute sa tension et son équilibre subtil. Bref on montre sa bite.
Et cet exhibitionnisme aide à écarter bien des obstacles. Ca va nous faire voler ; on ne reculera devant rien, toujours plus haut pour que nos compagnes nous prennent pour des demi-dieux. Nous voici tout entier tendus vers la maîtrise de l’air, dans l’aveuglement de la toute puissance et la chimère de nos pouvoirs érotiques fantasmés. L’homme est capable de se consacrer de façon monomaniaque au vol car il lui est vital de se consacrer à son sexe.
Pour la femme qui rencontrera un jour l’envie étrange (suspecte ?) de voler, il s’agira bien vite de croiser subtilement au travers d’écueils spécifiques.
- Accepter d’évoluer dans un monde parfois trop masculin.
- Accepter une image de mise en danger.
- Accepter de se reconnaître capable de faire, capable d’oser, de s’autoriser à aller plus loin.
- Accepter de perdre beaucoup de temps pour voler peu.
- Accepter de sacrifier une partie de sa vie familiale… et se débrouiller avec tous les aspects de la question de la maternité.
- Enfin accepter de vivre un univers aérien à « l’indécidabilité » importante, à haut degré d’incertitude.
Généralement les femmes n’auront pas tendance à nier leurs peurs ni leurs aversions à la prise de risque, pas plus qu’elles ne se cacheront leurs failles et leurs manques techniques.
La lucidité serait-elle néfaste à l’action ?
Alors si nous les voyons parfois éclore sur nos pentes herbeuses, éclairer nos sites et nos vies de pilotes de leurs sourires, elles passent trop souvent dans nos cieux comme des étoiles filantes pour disparaître du vol libre, happées par des ailleurs et des destins mystérieux.
Incapables que nous sommes d’organiser sous la voûte de nos ailes la constellation des pilotes féminines…




Commentaires
Merci Fabien, merci Sky Dreams.
Il me restait un endroit dans ma vie ou je pouvais être en paix, c'est en l'air ! !
Meme là haut elles vont nous user je vous dis !
Enfin on parle de nous!!!
Oui on parle des femmes volantes. Et il va beaucoup s'en parler en 2008 avec les multiples actions fédérales visant à favoriser leur pratique.
Mais il ne faut pas attendre que les autres parlent à votre place, il faut se faire entendre ! Prenez la parole...
Jean-Mi je ne te connais pas, mais je te suggère l'émigration en Iran, en Afghanistan ou dans un autre de ces sympathiques lieux où les femmes sont traitées comme apparemment tu le souhaites.
Si les femmes t'usent, il ne manque pas d'endroits sur la planète où on pourrait imaginer faire une colonie exclusivement masculine pour accueillir tous les gars de ton acabit, tous ceux qui se sentent bien entre mecs, dans la chaleur d'une amitié virile... C'est vrai après tout, qu'est-ce qu'elles viennent faire ch... ces filles, à se prendre aussi pour des êtres humains ? En plus, il paraît qu'elles ont un cerveau et qu'elles savent s'en servir. On dit même qu'elles ont des rêves, des envies. Même y'en a certaines qui ont le culot de rêver de grands espaces, de vols au-dessus des montagnes, de paysages de plaines de lacs et de collines. Même on m'a dit qu'il y en a qui ont envie d'aller toujours plus haut, toujours plus loin, toujours mieux. Et en plus qui ont envie qu'il y ait autour d'elles d'autres filles et des mecs intelligents.
Mais là, Jean-Mi que je ne connais pas, tu n'es pas concerné.
Mère de famille est un des premiers bloquages pour aller plus loin dans l'activité, mais j'ai la chance d'avoir un homme parapentiste "Non égoiste" qui malgré son envi de voler, a su partager. Nos vacances sont toujours sur le thème du parapente, mais j'adore !! et j'en redemande. Nos enfants font du bi place avec leur père, ils adorent et en redemandent.
Depuis 1994, j'ai évolué doucement et plus vite depuis ces derniéres années grâce à un groupe de filles volantes et motivées qui s'agrandi chaque année.
Je dois remercier l'initiatrice du groupe et les subventions de la Fédé et des autres.
Vive le parapente au féminin.
Pour Jean-Mi qui a déclenché l'ire de la doulce Marie-Paule, en essayant de faire de l'humour je suppose :
ta meilleure défense sera de venir accompagner le groupe durant cette semaine. Tu en as les talents nécessaires de pilote et en plus dès qu'elles te verront elles vont toutes tomber amoureuses de toi !
Co. de son côté souligne bien la problématique de la prise en compte des enfants. On peut en effet s'en remettre à la "chance" ou à la débrouille individuelle, cas actuel et qui demande d'avoir un caractère "bien trempé" pour infléchir les penchants habituels des messieurs.
Mais ne pensez-vous pas que des pistes collectives deviennent nécessaires et pourraient signer une certaine "maturité" de l'activité ?
c'est une belle idée... de se rassembler... pour aller secouer les puces du cerf !!
en revanche je trouve toujours étrange ce genre de réaction en opposition = 1 groupe de filles/1 groupe de mecs. j'ai tendance à penser qu'il est toujours intéressant de baigner, aussi, en milieu hostile (!!!), on comprend parfois beaucoup de choses... bon ok en fait il est vraiment lourdingue parfois l'animal !!
il est vrai cependant que je peux développer ma pratique en compagnie du mien, de cerf ! ça facilite l'accés aux autres...
à ce propos, nous sommes au club des "Parapentes de la Ste Victoire" qui ne reculent devant rien pour faire voler les filles, puisque l'adhésion pour un couple est au même tarif que pour 1 seul volant, voilà pour l'info.
alors ce type de projet fédérateur me fait réfléchir à la motivation, l'engagement et les façons forcément différentes d'aborder la pratique pour chacune...c'est bien!
bravo sky dreams et bravo Vincent et à tout bientôt à Arbas
J'aimerais bien être une fille pour faire un stage gratos...
Tout à fait d'accord avec Caro13 sur la mixité, sur toutes les mixités, dans les pratiques. Contrairement aux trompeuses apparences pour qui ne s'arrête qu'à l'écume des choses, aucune opposition ici homme/femme. C'est pour cela que nous nous adressons avant tout à des pilotes.
Il se trouve que les pilotes sont sexués et que certains ont la particularité d'être des femmes, ce qui induit certaines spécificités qu'il nous semble nécessaire de prendre en compte pour avancer. Les parapentistes femmes ont manifestement une manière bien à elles d'aborder l'activité et des "handicaps" supplémentaires.
Je mettrai bientôt sur ce blog des statistiques qui montrent que nous avons un problême dans le vol libre avec la pratique féminine. Il faut agir...
Au Cerf de Caro13 ...
A défaut d'être une fille, sais-tu que pendant cette folle semaine à Millau tu peux être le PomPom-Boy de ces midinettes ainsi tu auras l'immense privilège :
- d'assurer les navettes
- de briller lors des récupérations
- de les accueillir au lever du jour tes p'tits bras chargés de croissants chauds et autres brioches
- d'exprimer tes talents culinaires
- de pousser la douce mélodie pour les précipiter dans les bras de Morphée après une journée harassante de vol ...
:) !Non Ricou, moi je n'ai pas envie de ces rapports-là entre les hommes et les femmes. Je n'ai pas plus envie de pom-pom boys que de me transformer en pom-pom girl. Je suis d'accord avec Caro13 il ne s'agit pas de promouvoir la ségrégation ("Action de séparer quelqu'un ou quelque chose d'un ensemble") mais Vincent a raison, il y a vraiment un problème avec la pratique féminine. Souvent arriver tout simplement à oser, oser voler, oser rêver de voler bien, oser envisager la performance est en effet une victoire dans un milieu qui tient un discours typiquement masculin sur l'activité. Ce que j'entends par discours typiquement masculin, c'est la prépondérance accordée à un certain type de pratique du vol : la compétition, l'engagement, le résultat. En effet, tout se passe comme si seul comptait le nombre de balises, le nombre de kilomètres, et surtout le nombre d'autres pilotes que l'on a laissés derrière soi. Ca devient très difficile de vouloir s'inscrire dans une démarche de performance tout en n'adhérant pas à ce discours-là, d'abord parce que l'audibilité d'un autre discours est à construire.
Donc ce stage m'intéresse parce que je le prends comme une occasion de réfléchir collectivement sur ce que peut être la performance au féminin et que perso j'ai envie de construire une démarche non de compétition mais de collaboration. J'y vois aussi une chance de rencontrer d'autres filles d'autres régions qui partagent l'objectif de favoriser et développer la pratique féminine. Merci Gradient pour cet aspect des choses !
J'espère qu'on n'aura ni pom-pom boys et des pom-pom girls.
Hi, hi ...rassure-toi Marie-Paule, mon propos doit se lire à un degré n+99 ...
Hé, hé ... pétard de pétard, va falloir que je fasse gaffe au cours de ce stage ;-)!
Je me contenterai donc de Vincent comme pom-pom boy perso du Ricou \o/ !
Juste envie de donner un témoignage, ensuite je laisse aux analyseurs... analyser.
J'ai eu la chance de pratiquer des sports aussi divers et variés que la voile ou le ski en passant par le tennis et la natation avec, pour la plupart, le seul point commun d'être des disciplines non mixtes. Vous comprenez tout de suite qu'il ne s'agissait ni de natation synchronisée, ni de danse (certains hurleront que ce n'est en rien un sport) qui apparemment conviendrait mieux à notre douceur et notre grâce naturelle et flatterait notre féminité.
n'empêche, quant à l'entrée du stade, je voyais 2 files se former pour que chacune et chacun retrouve leur entraineur (masculin de surcroit!!! vous saisissez l'ironie!) j'avais une sale impression. Un truc qui clochait et que j'avais du mal à identifier.
Maintenant, je vole, au déco et à l'atterro je retrouve toujours les condescendants de service qui veulent prouver ainsi leur esprit d'ouverture et de tolérance envers "le sexe faible". Comme si on leur demandait quoique ce soit!!
ben voilà je fais avec... une fois en l'air généralement, je suis rarement dans leur environnement proche, leurs c.... les menant là ou moi je m'interdis d'aller faire le zouave.
Je fais avec parcequ'il y a tout les autres... ceux qui me parlent simplement parapente....entre autre.
Je me rend bien compte que lorsque je partage leurs discussions, ils osent les mots "peur", "doutes", "sensation". Mais à mon tour, les mots "oser", "capable", "performance" et "compétition" me sont plus aisés.
Je sais qui je suis et ce que je suis et ne le renie pas. Je veux seulement me faire plaisir en refusant tout les uniformes dont on voudrait m'affubler pour pouvoir me ranger dans une case. vous savez comme ces petites annonces:
Femme parapentiste, brune aux yeux...., etc
comme si un être humain pouvait se résumer en style télégraphique!
Tu as raison, vibu, de parler de nos spécificités....
Une expérience de femme: voler en ayant des enfants, tout un programme !!!
Et bien, c'est vraiment de l'organisation !
Au stage initiation mon petit bout avait 1 an et grand seigneur mon homme m'a envoyé la première faire le stage pendant qu'il gardait notre fils et nous avons inversé les rôles la semaine suivante.
Le "problème" c'est que j'ai pris gout à la chose et donc au stage suivant il a fallu s'organiser pour faire garder notre bambin mais un coup de fil aux mairies et on trouve immédiatement les coordonnées des assistantes maternelles du secteur.
Lors de la naissance du deuxième notre monitrice m'a dit là "c'est fichu tu ne voleras plus!!! "
Mais j'avais attrapé le virus et avec beaucoup d'organisation et d'anticipation pour trouver des nounous puis des centres de loisirs j'ai pu continuer à voler. Aux parents qui me demandaient indignés "ah bon vous les mettez au centre aéré, " je répondais " chacun ses activités en journée et tout le monde est content de se retrouver le soir». Pendant l'année mon mari allait régulièrement faire du gonflage alors que je restais m'occuper de problèmes plus domestiques mais bon j'ai continué tranquilement ma progression et maintenant nous sommes tous les deux biplaceurs et nous pouvons voler à 4.
Voilà pour le coté pratique.
Au niveau mental je me rends bien compte que ma pratique est bien moins engagée que celle de mon mari, nos choix de voile aussi... Et lorsque je me fais un peu peur c'est à eux que je pense... mais je ne veux pas rester à tricoter dans mon canapé, ni faire navette, désolé messieurs!
Un coucou de la plaine à Ricou ( nous avons volé ensemble l'été dernier pour mémoire)
et un grand merci à Gradient pour son initiative !
Hi Sandrine, quel plaisir de te lire :) !
Souvenir, souvenir (avec de la Sandrine dedans) ...
http://www.ricoufly.net/ricou/lavoi...
et
http://www.ricoufly.net/ricou/lavoi...
et ...
http://www.ricoufly.net/ricou/lavoi...
Sandrine c'est la p'tite voile rouge avec Tonton Gérald (Delorme) au dessus et en transition vers l'Ebaudiaz.
Je fais un appel, aux compétitrices/eurs (mère ou père).
Je me suis inscrite à une dizaine de compétitions, j'ai ajouté dans le commentaire "demande de garde d'enfant".
Je vous suggère de faire de même. Plus nous demanderons, plus cela sera une évidence à chaque compétition.
Les pères divorcés sont aussi concernés.
Merci à toutes ses mamans ou pères, qui veulent voler sans que ce soit un casse tête pour la garde de leurs enfants .
Co